La loi, toute la loi et rien que la loi.

L’observation de l’éthique dans le domaine de la publicité au Cameroun reste une grande question. Avec la prolifération observée de communications de masse sur les produits éclaircissants un regard réfléchi est nécessaire.
Pour faire comprendre mon point de vue, je vais dresser un parallèle avec l’industrie de tabac. Le tabac a été identifié comme une source potentielle de différentes pathologies nuisant à la santé des consommateurs. Les différentes législations  à travers le monde se sont accordées pour restreindre ses espaces d’expression. Même le Cameroun s’y est arrimé. Besoin de modernité ou conformisme? Toujours est-il que la loi N°2006/018 du 29 décembre 2006 stipule dans sont article 39 que «Les publicités en faveur des cigarettes et autres produits du tabac sont interdites dans la presse écrite, par voie de radiodiffusion sonore, de radiodiffusion, télévisuelle, d’affichage publicitaire et de cinéma ou de toute autre structure assimilable ».
 Autre couche coercitive, l’industrie du tabac s’est vus contrainte de mentionner sur le packaging de ses produits les risques encourus par les consommateurs. La mention « Fumer nuit gravement à votre santé et celle de votre entourage » ne peut échapper à l’œil du consommateur qui peut ainsi faire valoir son libre arbitre.
La loi-cadre du  N° 2011/012 du 6 mai 2011
 portant protection du consommateur au Cameroun définit dans son chapitre II le principe de protection du Consommateur  selon lequel « les consommateurs ont droit à la protection de la vie, de la santé, de la sécurité et de l’environnement dans la consommation des technologies, biens ou services ».
La communication sur les produit éclaircissant ramène en surface un ensemble de questions qui devraient être regardés avec attention par les organes chargés de réguler la communication publicitaire dans notre environnement. J’en vois deux principalement :
- De façon implicite et explicite, il est fait l’apologie du teint clair comme l’idéal suscitant ainsi chez les personnes, les jeunes femmes en particulier, une perte de confiance et un sentiment de rejet  de soi. On entend très souvent dans les conversations parler de «teint commercial».
Ensuite les dangers auxquels sont exposés les consommateurs des produits cosmétiques éclaircissants, très souvent à base d’hydroquinone, ne sont pas clairement explicités. Ce qui est une entorse à la loi N° 2011/012 du 6 mai 2011
 portant protection du consommateur au Cameroun dans son article 18 qui clairement stipule : «Tout bien de consommation ou tout service dangereux pour la santé humaine, animale ou pour l’environnement doit être accompagné d’un manuel d’instructions, en français et en anglais, comprenant des avertissements facilement visibles afin de permettre une utilisation normale dans les conditions de sécurité maximale».

Je dois reconnaître ici avec Achille Mbembe que notre société est définitivement celle «du silence». Nous devons nous résoudre à souffrir ou à «blanchir» en silence. Reste toutefois à savoir si les pouvoirs publics pourront exercer leur rôle protection de la santé des consommateurs. Tout simplement en faisant valoir la loi, toute la loi et rien que la loi élaborée par ses soins.

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