Marrakech, rouge et belle


De Casablanca à Marrakech, il faut deux heures sur une autoroute fruit d'un partenariat public/privé

La météo n'est pas sympa sur Casa. Depuis notre arrivée, il y a deux jours, averses et ciel gris sont nos compagnons. Je ne parle pas des températures qui tournent autour des 10-12 °C nous obligeant à nous emmitoufler dans nos chandails épais. 
La suite de mon séjour se déroule à Marrakech ou je dois assister au salon Cartes Afrique qui est présenté comme l’un des plus grand rendez-vous du continent dans le domaine de la monétique. Pour conforter cette idée,  les organisateurs annoncent 600 participants originaires de plus de 60 pays. Je suis impatient de découvrir le salon et la ville qui l’accueille.

Il faut en moyenne deux heures d'autoroute, fruit d'un partenariat public/privé, pour parcourir les 240 km qui séparent les deux principales villes du Maroc.  Un temps qui laisse le loisir d’observer les paysages qui défilant : fermes agricoles, nouvelles exploitations en création… plus on s’éloigne de la côté, de Casablanca, la couleur de la terre change pour devenir ocre, presque rouge. Je comprends mieux le sens donné à Marrakech qui est présenté comme la ville ocre. Sans doute cette particularité tiendrait au fait que la terre utilisée pour construire les habitations et autres monuments présentait déjà, de façon naturelle une teinte. Durant tout le voyage je n’arrête pas de rêver à ma rencontre avec Marrakech, la ville aux superlatifs : ville la plus touristique du Maroc, ville ocre, ville des stars, ville de culture, la porte du désert… Mes espoirs ne seront pas déçus par ma rencontre.

Marrakech, Marrakech, Marrakech... Même dans mes rêves les plus délirants, je ne l'ai jamais imaginé ainsi. C'est une ville comme je l'imagine en architecte urbaniste secret: humaine, écologique, propre, culturelle, sensible, lieu de rencontres. Les avenues larges et infinies sont bordées de pelouses vertes bien entretenues et de palmiers. Les murs d’enceinte des maisons, toutes de couleur ocre, couleur terre, sont recouverts d’épais massifs de bougainvilliers fleuris. Ici, pas un immeuble, pas un seul, ne dépasse les 6 étages. Même les imposants bâtiments qui abritent la gare ou le théâtre royal ne se détournent pas de ces règles. Ce qui donne à la ville cette harmonie, cette quiétude que l’on ne retrouve plus dans beaucoup de villes à travers le monde. Peut-être se trouve là le secret de Marrakech. Je commence à peine ma découverte, mais je suis déjà conquis. 


Le théâtre royal de Marrakech se situe à l'intersection des Boulevards Hassan II et Mohammed VI

La facade majestueuse de la gare de Marrakech

Le Ryad Mogador, un des 500 hôtels que compte la ville.
Le tout nouveau palais des congrès de Marrakech
J'arrive dans la ville par temps pluvieux. La température est frigorifique. 9°C affichent les thermomètres.  Je m'installe au Red Hôtel, un des 500 Hôtels répertoriés officiellement dans cette ville rouge de  plus 1.3 millions d’habitants à l’histoire riche et millénaire. 
De ma fenêtre, j'aperçois le parvis de la gare de Marrakech dont les pierres, sous les gouttes de pluies et le reflet des lampadaires, brillent de mille feux. Les jets d’eau, malgré le temps maussade, distillent à longueur de journée leur panache. C’est un bâtiment imposant qui combine architecture arabe et moderne. Les mosaïques de faïence et de verre coloré qui composent les vitraux, les arabesques qui surplombent les gigantesques portent, les briques de terre qui habillent les murs partiellement égayent les façades dont les piliers que l’on devine soulignent la puissance de l'édifice. Devant le bâtiment, à toute heure et par tout temps, stationne discrètement une voiture de police. La sécurité au Maroc, c’est chose sérieuse. Un des mes hôtes me confiera d’ailleurs au cours d’une de nos conversation, exemples nombreux à l’appui, que les renseignements marocains sont les plus puissants d’Afrique et du monde arabe.

Le froid qui sévit me glace les os et m’anesthésie presque. Un verre d’un alcool fin et raffiné pourrait être une option pour me réchauffer. Alors, pour mettre un rayon de soleil dans la pénombre qui a recouvert la ville de son manteau, direction le bar du Plazza Hotel qui, avec le Red Hotel, forme l’angle entre les avenues Mohammed VI et Hassan II. Une rencontre sur route entre père et fils pour l’histoire. Seule la royauté en a secret. 

Dans l’attente du thé à la menthe que mes équipiers et moi avons commandé, je me retrouve en grande discussion avec Mustapha, le spécialiste maison, qui prépare le verre de thé traditionnel d’accueil des clients. Il me parle des vertus de son breuvage et me fait savoir que son thé à la menthe agrémenté d’épices, dont il  se garde révéler la nature, est revigorant et fortifiant. Un peu du genre viagra. Je lui explique que pour l’instant les questions de viagra sont loin de mes préoccupations. Toutefois,  joignant le geste à la parole et m'offre un verre de la taille d'un dé, en signe d’amitié, que je m’empresse de déguster avec délectation.

Mustapha prépare le thé de bienvenue au Plazza Hotel 
Je m'essaie à la préparation d'un thé à la menthe


Marrakech, ville de divertissements

The Lotus Club
Pour le diner, Yacine et Kamal, nos hôtes et guides, choisissent Le Club Lotus situé rue Ahmed Chaouqi, dans le quartier Hivernage, zone d’habitation chic et neuve de Marrakech. Le lotus se présente comme un lieu incontournable des nuits marrakchies. Un lieu idéal pour boire un verre et diner dans une ambiance cosy. Un DJ et un quintet de danseuses à la plastique généreuse, animent la soirée avec un spectacle bien rodé composé de classiques des grands music-halls.

Pour mon assiette, j’opte pour un Tagin marrakchi. Au service, je ne suis pas déçu. La portion est généreuse et le goût exquis. Le plat se compose de viande de bœuf, du jarret, cuit pendant de longues heures dans un pot de terre cuite de façon à la rendre moelleuse et fondante. Des épices, dont le Maroc seul recèle le secret rehaussent la saveur. Un couscous ou du pain en accompagnement, tu ne connais pas ton bonheur. 
Pour compléter ce moment gastronomique intense, un Cabernet Médaillon, vin équilibré, sobre et généreux  en bouche qui confère aux papilles gustatives toute leur vigueur de discernement et d’appréciation pour décomposer la variété de saveurs.

L'enseigne du Lotus Club.

Soirée exquise de partage et d'amitié

Mon Tajine Marrakchia. Quel régal. 


La soirée avance. Les numéros des danseuses varient en montent en érotisme et suggestion. Le DJ accroché à sa platine distille, durant les intermèdes des sonorités électro qui réchauffent l'ambiance par cette soirée assez froide. Pour compléter le spectacle,  un géant, avec un bonnet qui cache mal sa chevelure que l'on devine fournie, chandail noir, blue jeans et bottes de cuir fait admirer sa maîtrise de la guitare qui lui sert à envouter le public. Sur des rythmes électro funk, ce dernier appose les sonorités aiguës de son instrument. Exercice original. Une espèce de play-back où la guitare remplace la voix.

Chez Ali
Pour ma troisième soirée à Marrakech, Yacine et Kamal, choisissent de nous immerger dans la culture Marocaine. Nous partons à la découverte de « Chez Ali ». Haut lieu de culture et de divertissement incontournable à Marrakech. Uu passage obligé. 
Tout se passe dans une espèce d’immense château fort aux murs hauts et ocres.  Quatre séquences composent la magie de moment : l’accueil, le diner et le divertissement et les aurevoirs.

Bienvenue Chez Ali. Guide touristique à l'origine, il aura su tirer profit de son expertise pour offrir un produit apprécié.
Le fronton du château-fort

Dans ce lieu, le visiteur rencontre Hommes, rythmes et saveurs de la partie sud du Maroc. Une fois les formalités de sécurité achevées, le convive passe en revue, durant le parcours qui le mène vers les grandes tentes qui font office de salle de restauration, les différentes tribus berbères qui peuplent pour l’essentiel le Maroc. elles sont représentées ici par des troupes. On peut ainsi lire sur les pancartes lumineuses sous les quelles stationnent les différents groupes : Troupes Dakka, Marrakchia, Immintanoute, Tiskiouine, Kalaa M’Gouna, Ouarzazate... 
Habillés dans leurs costumes d’apparat, au son des tambours, des chants et youyous, ils souhaitent la bienvenue. Pour marquer l’instant, une photo d’usage s’impose en entrée à tous les visiteurs, pour le souvenir. Ce dernier doit, le temps d’un instant, se prêter au jeu  en posant aux côtés d’une jeune fille parée pour ses noces et de sa mère. 

La séquence accueil terminée, le visiteur s’installe sous l’une des nombreuses tentes qui font office de salle de restauration. L’intérieur est décoré finement  de grandes toiles  qui recouvrent l’ensemble intérieur selon la tradition locale. Les arabesques de cuir rehaussent les couleurs et soulignent la majesté du lieu. Ici on mange marocain. La « Harira » ou soupe de rupture de jeûne est proposée en entrée, pour la suite, ce sera Tajine, couscous au poulet et aux légumes et en dessert un assortiment de fruits du pays : oranges, mandarines, pommes et bananes.

Les portions sont généreuses et les de saveurs nombreuses. Cette incursion dans le Maroc est complétée par des visites périodiques des différentes troupes qui, sous les chants, son des tambours et youyous invitent les convives à se joindre à eux afin d’esquisser quelques pas de danse.

Le diner achevé, il faut se précipiter autour de l’arène  en forme de grand U qui occupe le centre du complexe. Dans le fond, une tribune royale domine le site. Les visiteurs nombreux, qui peuplent le château-fort le temps d’une soirée, se pressent pour occuper les gradins. On aperçoit dans la pénombre chevaux et chameaux sur lesquels des visiteurs peuvent effectuer un tour rapide de l’arène.

Puis les puissants projecteurs s’illuminent. Le spectacle commence par une fantasia, appelée ici Tbourida. Une demi-douzaine de cavaliers parés comme leurs ancêtres s’élancent à toute vitesse de l’entrée de l’arène vers la tribune, où trône le souverain. En bout de course, maitrisant leur monture, ils tirent une salve, très bruyante, de leur fusil traditionnel. 

Ce manège va se reproduire à quatre ou cinq reprises et par intermittence durant le spectacle qui nous permettra aussi d’apprécier les talents de danseuse d’une « princesse orientale » qui viendra, sur une réplique de balcon de palais, nous faire admirer son déhanché et son art consommé du rythme.

Des jeux d’adresse équestres complète ce tableau captivant. Une demi-douzaine de cavaliers nous font admirer leur dextérité en lançant leur monture à pleine vitesse et en effectuant diverses pirouettes à arracher le cœur du spectateur. La séquence se ponctue par un magnifique spectacle pyrotechnique. Un peu comme un désert composé d’un bouquet aux saveurs multiples. Puis vient le moment l’au revoir.  Une haie d’honneur composée par les différentes troupes accompagne, toujours sous les chants et youyous les visiteurs qui laissent transparaitre leur satisfaction, malgré le froid qui s’est installé.


Chez Ali, une incursion au sein de la culture riche du Maroc

Les différentes troupes 
Les différentes troupes
Sous la tente Chez Ali

Sous cette cloche le couscous au poulet et aux légumes

Sous cette cloche le couscous au poulet et aux légumes
Initiation à la danse pour les convives

Danse avec les différente troupes. 
Animation de la troupe Ouarzazate


Les cavaliers tirent une salve de leur fusil.

Le spectacle pyrotechnique de fin. Magnifique





Après 4 jours pleins passés à Marrakech, la ville ocre, la porte du désert… Je dois rentrer à ma réalité et reprendre la route de Casablanca pour y prendre l’avion qui me ramènera au Cameroun. Conquis j’étais en arrivant, amoureux je repars avec la promesse de revenir, pour vivre plus intensément tous les plaisirs qu’offre cette ville.

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