La transformation numérique, un impératif pour les banques


La digitalisation ou transformation numérique est le processus par lequel une entreprise intègre pleinement les technologies digitales dans l'ensemble de ses activités. Ainsi, si l’on ramène cette définition au domaine de la fourniture des services financiers, on peut dire que la digitalisation est l’utilisation des technologies digitales de façon spécifique à la distribution des services financiers (épargne, crédit, transfert d’argent…).
Le développement de l’Internet, du mobile et des technologies telles la blockchain ou l’intelligence artificielle (AI) ont généré de nouveaux modes de consommation des services financiers. Avec une pénétration de l’internet qui atteint désormais les 25% et celle du téléphone mobile qui se situe à plus de 80%, on observe dans l'environnement camerounais, de plus en plus, que la clientèle, en nombre important, souhaite avoir une interaction digitale avec les fournisseurs de services financiers (banques, établissements de microfinance…). Une enquête récente du cabinet McKinsey sur les perspectives d’évolution de la banque de détail en Afrique indique que près de 40% de la clientèle souhaite utiliser le canal digital pour ses transactions.
Dans le domaine de la distribution des services financiers, la transformation digitale suit plusieurs axes: l’amélioration de l’expérience client par l’extension des canaux de distribution digitaux (GAB, banque internet, banque mobile…), l’amélioration des processus internes (processus de crédit, gestion des risques, gestion des réclamations…) ou la transformation du business model avec par exemple le lancement de banques digitales natives.
Avec 90% de pénétration de la téléphonie mobile et un taux de bancarisation qui se situe autour de 10% seulement, le marché camerounais offre les caractéristiques d’un gisement de croissance important aussi bien pour les opérateurs de téléphonie mobile que pour les banques et microfinances. Et, ces acteurs  s’activent de concert ou en solo pour capter ces opportunités exceptionnelles et en forte expansion. 
Au Cameroun, la présence de l’infrastructure bancaire physique est faible ou inexistante en dehors des agglomérations urbaines. Yaoundé et Douala concentrent 70% du parc global d’agences bancaires et de guichets automatiques de banque. Ce fait complique considérablement la vie quotidienne d’une population importante composée d'agriculteurs, de commerçants, d'artisans et de petites entreprises qui opèrent loin des grands centres urbains. Or cette population, non ou faiblement bancarisée, a également besoin d’accéder à la panoplie de services financiers pour régler par exemple des dépenses d’épicerie, des frais de scolarité, des factures d’entreprises de services publics mais aussi à des services financiers classiques (virements, épargne, crédit, assurance…).
Dans ces conditions, la digitalisation de la distribution des services financiers devient un vrai enjeu pour les banques au Cameroun. Cette démarche répond pleinement aux besoins d'efficacité opérationnelle et, se présente comme un volet non négligeable dans la recherche de leviers de réduction des coûts. A l’observation, les bénéfices sont nombreux pour l’entreprise : développement des parts de marché, réduction des coûts, amélioration de la qualité de service… mais aussi pour le consommateur: gain de temps, sécurité des transactions, service de proximité…
Pour faire face aux changements profonds des habitudes de consommation des produits financiers que l’on observe et, encore plus, à la reconfiguration du marché, les distributeurs de services financiers classiques (banques et microfinances) disposent de plusieurs modèles afin de rester compétitifs. Les options et choix sont nombreux: développer des canaux digitaux en propre (banque omnical); construire des banques digitales; développer des partenariats avec des fintechs; développer des partenariats avec des non-telcos; développer des partenariats avec des fournisseurs de services non-financiers de façon à créer un écosystème de produits et services accessibles via le distributeur de services financiers à l'exemple d'aggrégateurs de service de paiement de factures.
Toutefois, dans l’euphorie de ces nouvelles opportunités, il ne faudrait pas sous-estimer, voire oublier, les difficultés qui les accompagnent. La convergence entre le secteur des télécommunications et le secteur bancaire fait apparaître des questions d’ordre réglementaires, en particulier sur la protection des consommateurs, la lutte contre le blanchiment d’argent (LAB) et le financement terrorisme (FT). Il existe des risques d’autres natures : comment réduire les risques de fraude des agents ? Comment garantir la sûreté et la fiabilité des services ? Autant de questions qui nécessitent des réponses adaptées afin de rassurer les divers acteurs. 
Sous réserve de bien mesurer ces difficultés et de mettre en place les contrôles adéquats pour limiter les risques, les acteurs de la distribution des services financiers qui sauront tirer avantages des diverses opportunités sont donc promis à un bel avenir au Cameroun comme dans le reste de l’Afrique.

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