Garde-à-vous !




J'aime le cérémonial militaire. Il a quelque chose de particulier que l'on ne retrouve nulle part ailleurs. Précis, minuté, bien réglé. Ici tout se conjugue à l’impératif. Chose qui rend plus facile, précise et sans ambiguïté, la transmission des instructions. Pas de place pour le superflu. Les tenues choisies pour la cérémonie du jour. L'ordre et l'alignement des troupes. Tout est réglé. Comme sur du papier à musique.

Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas assisté à ce type de cérémonie. Quand enfant j’étais, au gré des mutations de mon officier de père, nous prenions plaisir à assister à ces grands rassemblements militaires du vendredi. Ils étaient toujours ponctués par un défilé. Lorsque notre école était à proximité de la place de rassemblement, il nous arrivait, parfois, de prolonger notre récréation afin de ne pas manquer ces moments qui nous procuraient plaisir et joie immenses. Nous étions fans de la rigueur et de la discipline qui émanait de ces moments.

Ce 1er juillet je me retrouve sous la tribune qui fait face à la cour d’honneur de la Brigade du Quartier général (BRQG) de Yaoundé pour la cérémonie de remise des épaulettes aux militaires nouvellement promus. Mon jeune frère reçoit ses nouveaux attributs de chef de bataillon. Privilège qu’il partage avec une belle brochette d’officiers, sous officiers et hommes de rang des divers corps qui composent l’Armée camerounaise : Gendarmerie, Armée de terre, Marine, Armée de l’air, Corps national des sapeurs pompiers.

Pour la circonstance, la musique principale des Armées s’est parée de son uniforme d’apparat qui rappelle le drapeau du Cameroun. Elle se compose d’une vareuse rouge à boutons dorés ceinte à la taille par un ceinturon blanc. Le tout rehaussé par des épaulettes jaune or. Le pantalon vert porte, à la façon d’un smoking, une bande latérale dorée. Une casquette, avec un macaron portant une cithare brodée en fil d’or, de couleur verte fait office de couvre-chef. Dans cette masse rouge, d’ou émerge des classiques de la musique militaire bien rythmés, je reconnais "Et ma jolie colombe qui chante jour et nuit", "Le jour le plus long"... ou encore un titre composé par Maurice Elanga, ah qui s'en souvient encore, "A Nkunkuma ooooh ooooh, A Nkumah oooh oooh", qui me replongent dans mon enfance,  je distingue la vareuse de couleur jaune du chef d’orchestre qui, avec des gestes secs et précis de ses mains gantées de blanc, bat la mesure. Je note également que les évolutions sociales qui ont permis aux de rejoindre le métier des armes s'appliquent bien ici. Elles sont nombreuses au sein de la compagnie musique ou elles tiennent divers instruments.


Le drapeau des Armées et sa garde

La musique des armées à la parade

Quelques officiers récipiendaires des médailles


Arrivées des officiers promus



Une limousine d'officier général

Le ballet des limousines des officiers généraux - reconnaissables au fanion fixé sur la droite à l'avant du véhicule - qui pour beaucoup affichent une grande peine à se déplacer, rend l’attente moins longue et fait l’objet des commentaires des nombreux curieux venus assister parents et amis promus ou encore récipiendaires de médaille. On devise sur le pas plus alerte d’un tel ou la démarche hésitante d’un autre. La question de l’âge des officiers généraux dans l’armée camerounaise est une vraie grenade. Alors il vaut mieux se planquer. Revenons à notre cérémonie.

Dans ce cérémonial, l'arrivée du drapeau de la République est un moment fort de symbole qui donne au concept d’ « honneur et fidélité » toute sa force. Escorté par 6 hommes, vêtus de la tenue de combat verte avec des camouflages imprimés que nous appelons tenue camouflée, qui d'un pas martial martèlent le bitume de l'immense cour d’honneur de la Brigade du Quartier général au centre de laquelle flotte perché sur un interminable mât le drapeau vert rouge et jaune frappé d’une étoile, symbole de l’Etat. Dans le silence, les pas claquent comme des salves lointaines de canons. 



La musique s’arrête. Les voix de taisent. Les officiers, sous officiers, gendarmes et militaires assis sous les sous les tribunes se lèvent pour saluer le passage du drapeau qui s'immobilise devant le commandant des troupes qui d'un ton sec commande: « Au drapeau ! ». Les clairons sonnent. Puis, une fois le salut effectué, comme il est arrivé, le drapeau reprend son chemin pour s'intercaler dans l’alignement des troupes présentes pour le piquet d’honneur qui se composé de la musique principale des Armées, le drapeau des Armées, des sections de 21 hommes réparties ainsi : une pour la Gendarmerie, deux pour l'Armée de terre, une pour l'Armée de l'air, la marine et le Corps national des sapeurs pompiers.

Puis au loin retentit une sirène. Un motard apparaît et s’immobilise. Le ministre de la Défense, qui préside la cérémonie apparaît et s’immobilise devant le drapeau des Armées. Hymne national joué et revue des troupes effectuée, la cérémonie peut commencer. Les articulations de la cérémonie de remise d'insigne de grade et de médailles sont lues par une voix sans émotion. Ce sera la remise des médailles au titre du 20 mai 2013, puis les insignes de grade aux officiers, sous officiers et gendarmes et militaire de rang.






Le drapeau et la batterie, section de musique composée de tambourins et clairons, se mettent en place. Les ordres crépitent dans les hauts parleurs : « Ouvrez les bans… fermez les bans, garde-à-vous… Portez armes… Présentez armes… Repos… Demi tour à droite… en avant marche». Les clairons sonnent.  Le ballet peut commencer. Deux heures après le début de la cérémonie, le ministre de la Défense félicite le commandant de troupes à l’issu du défilé. Les cris de joie, embrassades et échanges de bouquet de fleurs envahissent la cour d’honneur de la Brigade du Quartier général. La suite sera moins martiale, mais toujours ponctuée d’émotions. Pour notre plus grand plaisir.






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